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LA CHUTE DE LA ROUPIE

LA CHUTE DE LA ROUPIE

INDE

Le Fonds Monétaire International vient de réviser à la baisse les prévisions de croissance économique pour l’Inde en 2013 : 3,8% (contre 7,8% pour la Chine), au grand désarroi de New Delhi.

Pourtant, depuis quelques années, les chiffres de la croissance indienne ne cessaient de monter : « on pensait même que nous allions éventuellement rattraper la Chine », soupire Ravi Narain, ancien directeur de la Bourse de Bombay (National Stock Exchange).

Et puis : badaboum, l’Inde a enregistré en 2012-2013 sa plus faible croissance en 10 ans (autour de 5 %) et depuis mai, la devise indienne a perdu presque 20% de sa valeur par rapport au dollar. Certains experts en incombent la faute à la folie des Indiens pour l’or, qu’ils achètent souvent à l’étranger – ce qui représenterait près de 60% du déficit indien 2013. La chute de la roupie a de plus accentué l’inflation en Inde, qui aurait atteint 7%, et a augmenté le cout des importations – et du coup la dette en dollars. « Cette chute de la roupie freine également l’afflux de capitaux, souvent timorés envers les pays émergeants tel le nôtre », explique encore Ravi Narain.

Il y a plusieurs raisons à ce scénario que personne n’attendait: D’abord le choc de l’annonce de la Réserve fédérale américaine le 22 mai dernier, qu’elle cesserait ses rachats d’actifs d’ici la fin de l’année. la RBI (Reserve Bank of India) a bien essayé de remonter l’un de ses taux directeurs de deux points à 10,25 % et a réduit les liquidités fournies au taux de 7,25 %,mais cela n’a pas empêché la croissance du PIB de descendre à 4,4 % au deuxième trimestre 2013, son plus bas niveau depuis 4 ans .Ensuite, l’Inde souffre d’un gouvernement bancal (UPA), mené par Sonia Gandhi, la veuve de Rajiv Gandhi, gouvernement accusé de multiples scandales de corruption, et que ses alliés quittent un par un. Puis, l’étatisation reste encore très lourde ici, reliquat d’un système économique qui avait été calqué à l’indépendance indienne sur celui de l’Union soviétique. Les barrières douanières sont donc toujours élevées : près de 300% de taxe d’importation pour les vins français, par exemple. Enfin, il y a les élections législatives prévues au printemps 2014 qui gèlent les réformes économiques préconisées par le FMI, tels l’ouverture du secteur de la distribution ou de l’aviation aux investissements étrangers, car impopulaires auprès des alliés du gouvernement ou des syndicats indiens.

Le gouvernement français espère toujours vendre ses Rafale ainsi que des centrales nucléaire à l’Inde

L’Inde est bien sûr touchée par l’augmentation du prix de l’essence, du diesel et du fuel, plus chers en dollars, qui alourdissent encore sa dette : « le gouvernement indien détient 250,5 milliards de dollars de réserves de devises, alors qu’il en dépense 167 milliards par an pour importer son pétrole », explique Sanjay Singh, un analyste de Dalal Street, le Wall Street indien de Bombay. Le Gouvernement français doit également se poser pas mal de questions : que va-t-il advenir, par exemple du fameux contrat des Rafale pour l’armée de l’air indienne, négocié par Sarkozy puis annoncé par François Hollande ? Ou même des centrales nucléaires d’Areva qui semblaient pratiquement vendues? Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste: « C’est un moment délicat », a reconnu Marc Nassif, PDG de Renault Inde, anticipant même « un recul des ventes de 20 à 25 %. ».

Mais qu’à cela ne tienne, tout n’est pas gris : « Les bases de notre économie sont saines – d’ailleurs l’Inde a vu son déficit commercial en septembre tomber à 6,76 milliards de dollars, son plus bas niveau depuis mars 2011 », souligne Ravi Narain. Autre bonne retombée de la chute de la roupie : le tourisme médical explose, car le prix des traitements – opérations du coeur, greffes, ou chirurgie esthétique, a chuté de plus de 25%. Le tourisme médical qui vaut environ 1,3 milliard de dollars par an, pourrait atteindre les 2 milliards de dollars de chiffres d’affaire d’ici 2015.

De surcroît, le monde financier indien attend avec impatience les élections législatives du printemps 2014 et mise sur le candidat de la droite hindoue, Narendra Modi, qui a fait de son état,, le Gujarat (Inde centrale), un modèle de développement économique que tout le monde envie . « Si celui-ci devient premier ministre, avance Deepak Chopra, un analyste la banque ICICI, cela donnerait un sérieux coup de fouet à l’économie indienne et la roupie reprendrait rapidement de la valeur sur le dollar ».

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